Ce ce que j'en sais...ou pas

23 janvier 2012

Quelques rappels sur le Front National

 Voici le lien vers "Le Front national décrypter en 8 fiches" élaboré par le Parti Communiste Français pour le Front de Gauche, histoire de voir à quel point le FN est populaire: http://www.placeaupeuple2012.fr/le-front-national-decrypte-en-8-fiches/

 J'ajouterai que la position du FN est celle d'un lâche qui préfère taper les victimes (aujourd'hui les immigrés, et demain?) du système plutôt que ceux qui le dominent, le créent et le reproduisent volontairement. En ce sens, le FN est bel et bien intégré à la pensée capitaliste qui voit chez l'autre un concurrent, pour ne pas dire un ennemi, plutôt qu'un partenaire, qu'un concitoyen.

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12 décembre 2011

Amerique Latine entre les siècles

Voici la traduction du premier chapitre de la première partie du livre Amerique Latine entre les siècles - inédit en français - écrit par le politologue et diplomate cubain Roberto Regalado. Il me semble qu'il est urgent de publier cette première partie en France si l'on veut élargir nos interprétations des crises actuelles et, avec un peu de chance, trouver les solutions que ces interprétations appellent.

 

PREMIERE PARTIE

 Réforme ou révolution?

Vieille polémique – nouvelles conditions

Le cycle de vie du capitalisme

 Concentration de la propriété, de la production, de la population et du pouvoir politique

 La polémique sur l'objectif stratégique de la gauche, à savoir soit la réforme progressiste du capitalisme soit la révolution socialiste, est déterminée, inévitablement, par l'évaluation que les partisans de l'une ou l'autre de ces positions se font du système social en place. Suivant la thèse qui prévaut aujourd'hui d'une société capitaliste éternelle, la dénommée Révolution techno-scientifique constitue une espèce de fontaine de jouvence, qui permettra au capitalisme de conjurer, ou de différer ad infinitum, l'éclatement de ses contradictions antagoniques.

Tout naît, se développe, vieillit et meurt. Cette loi de la nature régit également le cours de l'Histoire. Le cycle de la naissance à la mort se réalise pour toute infrastructure socio-économique: il s'est produit pour la communauté primitive, l'esclavagisme et le féodalisme1, et il se reproduira, de manière inexorable, pour le capitalisme et pour toute autre forme d'économie et de société qui finira par lui succéder, aussi bien dans un futur prévisible que dans un avenir encore inimaginable. Bien sûr, il est impossible de prévoir précisément quand et comment le capitalisme mourra, mais il est évident qu'il se trouve à une étape de sénilité avancée, et si sa mort n'intervient pas comme résultat d'une transformation sociale révolutionnaire, son cycle de vie se conclura par l’extinction de l'humanité.

Chapitre complet: Amerique_Latine_entre_les siècles

 

 

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08 décembre 2011

Jean des villes

Dernier né

Jean des villes

 

Le métro. Les entrailles de la terre pour les hurmbains. Les lumières, électriques, vaporeuses. Le bruissement des lumières. Une double rangée de rails servent de filet, les murs de chaque côté du court se renvoient les sons jusqu'à leurs dissolutions les uns dans les autres ils se confondent avec le bruit de l'air. Les pas sur le goudron, le balai, les gouttes... Brouhaha en apparence sans conséquence. Les usagers enfermés dans une bulle de silence, d'intimité. Lui aussi, comme les autres. Ni grand, ni petit. Ni brun, ni blond. Ni trop pâle, ni trop bronzé. Ni Louis le Fainéant, ni Alexandre le Grand, Jean le normal pourrait-on dire.

 

L'horloge mesure le temps, obstinée. Apparition régulière – Dieu merci – de la rame, va et vient de 5h00 à 22h00, d'Est en Ouest, du Nord au Sud. Des serpents métalliques lancés sur les rails indifférents de la normalité matinale. Le souffle artificiel des portes mécaniques qui s'ouvrent, qui se ferment, sur les usagers. Des essaims de... vomis et ingurgités. Trois mètres cinquante deux théoriques avant qu'il ne soit happé à son tour. Jean s'avance, machinalement. Le pied sur le pas de la porte, l'alarme rugit la fermeture des portes. Mais l'homme saute sur le quai qu'il vient de quitter. Un morceau de chemise, retenu par l’engin, s'en va seul vers le poste de travail quotidien. Jean, encore tout étourdi par son instinct regarde son bonheur partir à vive allure. Il s’assoit sur un banc soigneusement découpé en trois parties égales par les ingénieurs de la sécurité, de la propreté. Il regarde passer la rame n°5 qui l'attend, un temps, régulièrement, et qui s'enfuie, frustrée, avec les minutes de retard négligemment jetées par l'homme préoccupé. Le temps légitime s'est écoulé, l'homme se met à penser. Il faudra voir un médecin pour se justifier et ne pas être licencié: corps HS, en maintenance.

 

 

Texte intégral en format pdf: Jean_des_villes


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30 octobre 2011

Libye: Où sont passés les renseignements?

Tout est dit dans le titre: une dictature se doit d'avoir de bons, voire d'excellent, services de renseignement si elle veut pouvoir appliquer la coercition nécessaire à sa survie; mais une fois le régime effondré, dans quelles mains ces informations sont-elles tombées? Quel intérêt pouvait avoir Kadhafi à détruire de telles archives, sans doute sans importance pour la plupart, qui pourraient peut-être nuire à ceux qui l'ont chassé?

Le débat reste ouvert.

 

Un article montrant que la Libye était techniquement au point dans le domaine de la surveillance

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21 mars 2011

Contre le" front républicain" au niveau national

Pourquoi voter UMP quand son discours est d'extrème droite? Parce que s'il reste dans ce parti des vrais républicains et des vrais démocrates alors leurs consciences devraient leur faire quitter ce parti. En conclusion s'il s'agit d'élus de droite qui rejette cette position anti-populaire de l'UMP, parce que soyons sérieux le rejet de l'immigré c'est le rejet du pauvre, à savoir le rejet de ceux qui recherche par tous les moyens à accèder à une vie meilleure pour eux et leur famille tandis que les riches de chez nous - pardon les enrepreneurs - usent de leur puissance pour maintenir les peuples de ces pays les plus pauvres sous leur domination. C'est vrai qu'il parait que nous défendons les révoltes populaires dans les pays arabes, nous sommes en guerre contre le gouvernement libyen au côté des rebelles, et pourtant le yémen et le bahrein (avec l'aide des chars saoudiens - continuent leurs répressions sans que personne ne s'offusque.

D'autre part, l'idée de consigne de vote à quelque chose d'autoritaire, comme si le parti était propriétaire des voix des électeurs.

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04 mars 2011

Un chant pour mon frère. Les jours de deuil germeront

Voici la présentation de l'oeuvre Un chant pour mon frère. Les jours de deuil germeront de la poétesse chilienne Elizabeth Gonzalez Altamirano. Je cherche actuellement un éditeur francophone pour la publier.

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26 mai 2010

Sauver la retraite par répartition?

"La solidarité nationale, qui constitue un des principes d'organisation de la sécurité sociale, s'exprime de deux façons différentes au sein de notre système de retraite : d'une part entre individus de générations différentes, par le biais de la répartition, d'autre part, entre individus d'une même génération, mais de catégories socio-professionnelles différentes, par le biais du mécanisme de compensation entre régimes d'assurance vieillesse." http://www.senat.fr/rap/a02-383/a02-3838.html

 

Définition du problème et conséquences sur les solutions à lui apporter

Au nom de cette solidarité nationale et "si on veut protéger les retraités, nos retraites, si on veut protéger notre système de retraite - on ne va pas toucher à notre système de retraite, donc si on veut protéger notre système de retraite - il faut le faire évoluer et ça, en toute concertation, en discussion." (Interview de M. Eric Woerth, ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique à France 2 le 1er avril 2010, sur le bouclier fiscal, le dossier sur les retraites et les maladies professionnelles; http://discours.vie-publique.fr/notices/103000750.html) Cette "concertation", cette "discussion" est tout de même dirigé par quelque principes forts, que "tous le monde" accepte plus ou moins explicitement, plus ou moins consciemment. Notamment en ce qui concerne les "solutions" possibles au "problème" des retraites, et plus précisément à son financement: allongement du temps de cotisation, report de l'âge légal de départ à la retraite, de nouvelles taxes, notamment sur les revenus du capital. Nombreux sont ceux  qui débattent, parfois violemment, autour de ces solutions.

Par opposition je n'entends pas beaucoup de discordance autour du "problème" et de sa définition, d'ailleurs nous n'en parlons pas, sans doute parce que tout le monde connait: de plus en plus de retraités, de moins en moins d'actifs donc un déficit "abyssal". Or tout le monde sait également que l'on doit réformer le système pour ne pas avoir à le changer.

Quel est donc ce système indépassable?

Les actifs sont sensés cotiser pour les retraité. C'est vrai, chaque mois les travailleurs donne une part de leurs salaires aux retraité-e-s: solidarité "entre individus de générations différentes, par le biais de la répartition" Mais la cotisation ne sert pas qu'à financer, elle détermine également la répartition des revenus ainsi obtenus. Et cette fois point de solidarité mais un calcul égoïste: tu reçois à hauteur de ce que tu as donné. Ici le système rejoint la logique de la capitalisation: le niveau de sa pension de retraite dépend de la capacité d'épargne du travailleur. La grande différence entre le système français (dit par répartition) et, par exemple, le système chilien (dit par capitalisation) se trouve dans le percepteur: plutôt publique et monopolistique (même s'il existe différentes caisses de retraite, principales et complémentaires, selon l'emploi exercé) pour le premier, privé et - soi disant - concurrentiel dans le second (bien qu'il existe un fond de pension publique en concurrence avec les fonds de pensions privés).

Cette observation ne règle en rien le problème des retraites, j'en convient, cependant elle nous permet de mettre en lumière la conception sous-jacente, le préjugé idéologique, qui nous amène à croire au problème des retraites. Qu'un fond de pension se pose la question de l'équilibre entre les cotisations reçues et les pensions reversées semble normale, et même conseillé, au risque de faire faillite. D'autre part ce fond de pension se doit de respecter son contrat, c'est à dire de rétribuer son client à hauteur des intérêts promis, au risque de perdre ses clients (actuels et à venir) et/ou d'être sanctionner par la loi pour rupture de contrat. Ici le client est roi - en théorie.

Cependant un pays utilisant un système de retraite par répartition devrait non pas se poser la question de l'équilibre entre cotisations perçues et pensions reversées à partir du seul client, l'actif / retraité, mais il doit prendre en compte d'un seul mouvement les actifs et les retraités. Pour le dire autrement, le pays ne doit pas avoir une démarche commerciale mais une démarche politique, c'est à dire qu'il ne doit pas se baser sur le bien être de l'individu mais sur celui de la société. On sent poindre là-dessous les horreurs des totalitarisme où l'individu est nié au profit d'une vision idéologique de la société et de ses besoins. Postulons donc: une société est juste lorsque ses membres peuvent assouvir leurs besoins équitablement.

Lorsque le système de retraite est par répartition le montant de la cotisation doit être dissocié de la pension reversée puisque ce n'est pas elle qui est sensé définir le montant de la pension future. D'ailleurs, rien dans la définition du système par répartition ne lie nécessairement les revenus du travail aux pensions. En effet, nous ne parlons pas de solidarité entre "travailleurs de générations différentes" mais bel et bien entre "individus de générations différentes" (cf. supra). Simple jeu de mot ou marqueur idéologique?

Le retraité: ex-travailleur ou consommateur privé de revenu?

A mon sens il n'en va pas de même de réfléchir à partir de travailleurs ou d'individus. Dans le premiers cas la retraite est une question de travail, dans le second, une question de société. Dans le premiers cas nous sommes dans une relation entre actifs, en activité ou non, et inactifs. Dans le second nous sommes dans une relation entre des citoyens d'âges différents. Qu'est-ce que cela change me direz-vous? Nous voilà - enfin - dans le coeur du sujet. Si la question des retraites appartient au monde du travail alors oui le débat actuel sur le financement des retraites par les revenus du travail - et du capital, pour ceux qui ne considère pas les revenus du capital comme des produits dérivés du travail - est légitime puisque l'allongement de la vie et la baisse de la natalité entraine une diminution du ratio actifs/retraités. Notons qu'il faut aussi faire entrer dans la réflexion le gain de productivité par travailleurs et par heures. Et c'est bien le système par répartition à travers le prisme du travail que le gouvernement souhaite sauver. Et c'est bien ce point de vue qui annonce la fin du système par répartition à la française - qui ressemble à s'y méprendre à un système publique par capitalisation étant donné que la pension est proportionnelle aux cotisations individuelles. Si nous prenions la question des retraites comme une question de société nous penserions avant tout aux montant des pensions - sujet qui ne semble pas intéresser le législateur, si ce n'est pour promettre qu'elles ne bougeront pas, ce qui reste encore à prouver. C'est pourtant la question du montant des pensions avant celle de leurs financement qu'il faut régler, notamment en remettant en cause le calcul des ces pensions.

Ne plus faire dépendre le montant des pensions du travail fournit par le passé

S'il était légitime de faire dépendre les pensions reçues du travail fournit auparavant lorsque la société était structurée autour du travail - notamment autour de la notion de carrière, la pension reflétant l'apogée de cette carrière - cette légitimité est bien plus discutable lorsque la société est structuré autour du capital, malgré les discours autour de la valeur travail, et que les classes sociales ont cédés leurs places aux consommateurs. En effet, qu'entendons-nous, c'est à dire qu'entend le peuple français, derrière le "problème des retraites"? Une question de reconnaissance du travail fournit durant toute une vie (de labeur) ou une question de pouvoir d'achat après été déclaré H.S. La question se pose alors de savoir comment nous garantissons ou pas à nos concitoyens un revenu de substitution à celui qu'ils obtenaient - ou pouvaient obtenir ? - du temps où leurs forces productives étaient désirées par le monde du travail. Considérant la définition du système de retraite par répartition comme une solidarité intergénérationnelle, nous pourrions calculer les pensions à partir du PIB ou bien encore du revenu moyen des français à une période donnée: pourquoi ne pas réservé une part du PIB au paiement des pensions ou déclarer une pension unique pour tous équivalent au revenu médian d'une classe d'âge donnée a priori? Je ne doute pas de la capacité des techniciens et autres experts en la matières à créer les outils nécessaires à la réalisation de ce choix (de société).

Sauver le système de retraite par répartition en France

Si la France à travers ses représentants souhaite réellement conserver le système par répartition elle doit donc commencer par se demander comment adapter le système à la société contemporaine et aux relations nouvelles que chaque génération entretient avec son environnement, et notamment les relations qu'elles entretiennent entre elles.

La seule recherche de nouveau financement sans la remise en cause des relations à l'intérieur du système ne servira au mieux qu'à retarder sa fin. Un seul exemple, le choix de l'allongement des cotisation - plus pertinent que celui de l'âge légal de départ à la retraite sachant que ce sont elles qui conditionnent encore le montant de la pension - ne peut qu'entrainer un décalage vers le privé de la garantie du maintient du pouvoir d'achat une fois la période d'activité finie: en effet plus il est difficile d'atteindre les conditions requises pour obtenir sa retraite à taux plein et plus le futur retraité est amené à chercher des sources de financement autre que l'État, au près des banques par exemple. L'individu sera amené à dépendre de plus en plus de sa capacité d'accumulation de capital au cours de sa vie active en pleine contradiction avec le postulat de la solidarité entre les générations.

 

Une petite proposition en passant

A/ Considérant que la capacité d'accumulation d'une génération est en partie le résultat des décisions prises par les générations précédentes.

B/ Considérant qu'après une vie de labeur plus ou moins heureuse sur le plan économique un individu a le droit de garder un niveau de vie au moins égal à celui qu'il avait au cours de sa vie d'actif.

C/ Considérant que les inégalités en termes de capacités d'accumulation au cours de la vie active n'ont pas de raisons pour être reproduites au cours de la vie de retraité.

D/ Etc.

Je pense qu'une solution juste serait de fixer le montant des pensions au revenu médian des individus dont l'âge serait situé entre l'âge moyen auquel on accède au premier emploi et l'âge moyen de départ à la retraite. En effet, bien que pour une partie de la population la pension sera inférieur aux revenus versés lors de la vie active, la capacité d'épargne de cette partie au cours de la vie active lui permettra de poursuivre un train de vie équivalent tout en évitant cette situation aberrante où un organisme publique verse une pension deux fois supérieurs aux revenus moyen à un citoyen recevant déjà la rente d'une épargne constitué au cours de sa vie active, freinant mécaniquement la consommation et donc la croissance et donc la création d'emploi et donc l'augmentation salariale et donc le revenu médian de ces concitoyen. Mais nous y reviendrons plus tard... ou pas.

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10 juin 2009

Resultats élection européenne en France (et en Europe?)

Les grands gagnants des élections européennes du 7 juin 2009 seraient les abstentionnistes. Qu'est-ce que ça signifie une victoire des abstentionnistes? Qu'est-ce qui peuvent bien gagner les abstentionnistes?  Think

Nous sommes bien plus surement devant une victoire de la droite, elle reste majoritaire au parlement européens, elles gardent donc les rennes (du père noël?) pour continuer a bousillé la vie, et pas seulement professionnel, des précaires (travailleurs ou non), des modestes et des moyens. A noter que pour moi est de droite toute personne cherchant à renouveler l'ordre actuel, c'est à dire à garder leurs pouvoirs et à l'augmenter (ou du moins à réduire le pouvoir que les autres ont sur lui). Et surtout la droite n'est pas démocrate! Sinon comment expliquer qu'elles ne mettent pas tout en œuvre pour agrandir la base électorale, pour augmenter la participation? Parce que soyons sérieux, si elle souhaitait intéresser les citoyens elle pourrait le faire, elle ne manque pas de pros de la politique ou de la communication et elle est majoritaire au sein de l'UE et de la plupart des gouvernements européens. Quelque chose me dit que l'abstention, la désyndicalisation, bref la dépolitisation, c'est à dire cette chose terrible qu'est le rejet de la citoyenneté par le plus grand nombre, arrange bien nos dominants, ils savent que ceux qui haïssent la gauche (pour moi l'envie de changement en vue d'une meilleur répartition des pouvoirs et d'une protection contre ceux qui en abusent) ou qui en ont peur vont toujours voter. Il y a aussi certains clients de cette droite qui se déplacent. Alors oui la droite à gagner et ça m'a déprimé.  Brick wall

Revenons à cette "victoire" de l'abstention. En général cela est considéré comme une défiance des électeurs envers la politique dit politicienne et notamment envers les partis qui la structure. Cette considération entraine un commentaire publique et ce commentaire est écouté par les électeurs qui iront valider en partie cette interprétation lors de l'élection suivante. Bref nous accepterons ici cette analyse et je tacherai d'apporter des éléments permettant de comprendre cette défiance. Le réalisme, le pragmatisme politique est, à mon avis, bien ancré dans les mentalités. C'est à dire que nous ne croyons plus ( peut-être ne l'avons-nous jamais cru? ) que la vie est avant tout une question de point de vue, une manière de définir les problèmes. Quand je dis nous je parle de ceux que l'on entend bien-sûr, les politicodépendants, ceux qui vivent de la politique qu'ils soient politiciens, conseillers ou observateurs (soit disant impartiaux, scientifiques). Si l'on nie la confrontation d'idée, à quoi servent les partis ? Soit-dit en passant face à cette négation ,à quoi sert la démocratie? Un parti n'est plus q'une simple machine électorale à en croire la manière dont on en parle: la tristesse, la colère, la joie ou le dépit ne vient de la défaite d'une vision du monde mais d'un parti qui ne prend plus parti. Si au moins ils se mettaient à défendre des idées à défaut de vision: de même que la lutte des classes à laisser (soi-disant) la place aux mouvements sociaux, l'utopie politique (c'était pourtant bien beau) laisse la place à des alliances conjoncturelles, faites et défaites selon le sujet. Un nouvelle manière de faire de la politique doit apparaitre, apparait.   

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24 mai 2009

Qui est responsable ?

« Plus difficile est de faire porter la responsabilité morale de la guerre aux victimes. Une entreprise presque sans espoir, un peu comme si les nazis avaient essayé de rendre les juifs responsables — des fours crématoires. Mais, intrépides, les propagandistes américains se sont attaqués à ce problème, non sans succès. » Noam Chomsky, in La restructuration idéologique aux Etats-Unis, Le monde Diplomatique, mars 1979 ; réédité in Manière de voir n°104, La Guerre des idées, Avril-mai 2009.

Qui ou Quoi est responsable de l’état du monde ?

Cette question est en fin de compte au centre de la politique, du vivre ensemble. Différentes réponses peuvent être données et plus ou moins argumentées. En voici une liste non exhaustive et spécialement sélectionnée, bon gré mal gré, pour justifier l’argument développé dans ce commentaire - à savoir qu’aujourd’hui, et pour ce que j’en sais, les responsables désignés sont ceux dont le pouvoir sur le système est le plus faible. « Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » (Lafontaine, Les animaux malade de la peste)

 

 Il existe une volonté unique, consciente ou non, qui traverse et ordonne l’histoire du monde des hommes. Dieu dans ce qu’il a de plus totalitaire fait partie de cette réponse mais celles des évolutionnistes, au nom d’un sens de l’histoire, aussi. L’individu peut alors choisir entre suivre les lois dictées par cette volonté méta-humaine ou se condamner, et avec lui l’humanité tout entière, à une vie misérable. Le bonheur et la justice – souvent écrit avec des majuscules dans ce système de pensée – passe par l’obéissance ; le fatalisme est une vertu. Voilà pour la théorie, dans la pratique il est toujours amusant de regarder d’où parle celui qui énonce ces lois.

 

 Le hasard peut également être vu comme l’architecte du monde. Ici pas de volonté méta-humaine mais une absence totale de volonté de la part de qui que ce soit. Il n’y a rien à comprendre - ou du moins il n’y a rien que nous pouvons comprendre - il n’y a aucune conclusion à tirer du passé, il n’y a aucune prescription à faire pour l’avenir, tout au plu peut-on contempler en détail ce qui se passe. L’individu peut bien faire ce qu’il veut et ce qu’il peut, ça n’a aucune conséquence - aucune conséquence intelligible par l’homme. L’individu peut bien pour se rassurer, pour se donner bonne conscience, croire qu’en faisant ce qui est le mieux pour lui, il contribue au bien-être de tous

 

 La main invisible du marché oscille, selon les circonstances, entre ces deux extrêmes – m’est-il permit de dire comme toutes les idéologies, tous les paradigmes qui ont su s’imposer à une culture. Il est par conséquent plus utile de regarder les relations plutôt que les objets qui y participent. Cette main invisible est tour à tour volonté méta-humaine, lorsqu’elle est donnée comme naturelle, et fruit d’un merveilleux hasard quand elle est la conséquence fortuite des actes d’individu rationnel oeuvrant égoïstement à leurs bonheurs personnels.

 

 Par chance ou par nécessité, entre ces deux extrêmes s’étend un champ de réponses possibles où l’individu est plus ou moins responsable de tout ce qui est, où la fatalité guide plus ou moins la construction du monde. La classification des faits, plus ou moins consciente, que l’on opère selon ces deux catégories détermine l’opinion que l’on a sur la conduite des individus et ce faisant notre propre conduite en tant qu’individu. En ce qui me concerne, la réponse la plus valeureuse consiste à penser que le monde est la somme des individus et de toutes les relations qu’ils entretenaient, entretiennent, veulent entretenir ou au contraire avorter, entre eux. L’individu comme acteur du monde se sent responsable tout en sachant que la multitude des relations qui se font et se défont à chaque instant ne lui permet pas de saisir l’ensemble du système de réseau qu’il intègre. Il peut néanmoins identifier l’élasticité et le sens des relations qu’il entretient avec son environnement et les assumer, les clamer même.

 

 Cependant d’autres considèrent que l’individu est le seul responsable de ce qui lui arrive sans importer ce qui l’entoure. Cette théorie est la plus répétés mais je ne dirais pas la plus répandue. Je veux dire par là que si vous posez la question : Pourquoi arrive-t-il ceci à Untel ? Nous répondrons que c’est de sa faute ou on vous le fera comprendre. Mais si vous demandez : Pourquoi vous arrive-t-il cela ? Nous répondrons que c’est la faute à Untel, à ceci ou à cela. Pour ce que j’en sais, de nos jours, c’est le paradoxe le plus répandu dans l’esprit humain : l’Autre est responsable de ses malheurs et des miens. Le jeu de la vie consiste alors à savoir à quel Je nous appartenons, à quel groupe je m’identifie. Cette identification faite je dois définir pour moi et pour le groupe mes malheurs et quo en est responsable. Ce Je collectif n’est évidemment responsable que de ses réussites et de celle du monde. Bien sûr à l’intérieur de la communauté certains définissent plus que les autres les malheurs qui m’accablent. Quand la lutte des classes était à la mode, l’Etat était dans sa conception l’outil et dans sa réalisation l’allié de la classe bourgeoise capitaliste. Tous deux sont les responsables du malheur des travailleurs – du moins du travailleur qui n’est pas coopté par l’Etat ou le capitaliste. Les malheurs du capitaliste sont dus à l’Etat poussé, voire pris en otage, par les travailleurs.

 

 Mais la lutte des classes n’est – n’était ? – plus à la mode. Le travailleur a – avait ?- plus à perdre qu’à gagner dans la confrontation. Mes informateurs me donne même l’impression qu’il est de plus en plus difficile de se définir comme travailleur ou comme capitaliste, c'est-à-dire détenteur d’un capital – maison, action, épargne, voiture – que l’on souhaite défendre à défaut d’agrandir. La répartition et la structure du travail et du capital ont évolué, du moins les discours publics normatifs sur celles-ci ont évolué. Tandis que l’on passe du travailleur au consommateur, nous passons d’une définition de l’identité par sa place dans le système productif – unis culturellement mais séparés économiquement- à une définition de l’identité selon sa culture – unis dans le système productif, tous consommateurs et donc tous capitalistes plus ou moins performant, mais séparés par notre culture, trop souvent résumé à nos goûts. Tandis qu’auparavant le capital symbolisait sa place dans le système productif, il symbolise maintenant notre place dans le système socioculturel. Ce déplacement n’est pas anodin dans l’évolution des gauches dans les pays les plus développés. Mais voilà que la question du statut économique a refait surface sous la forme des travailleurs sans outils – ou sans poste ? – au même titre qu’ils existent des paysans sans terres. Voilà des consommateurs qui ne peuvent plus consommer. Qui sont-ils ? Mais surtout qui sont-ils par rapport à moi ? Ils sont nés dans la même clinique que moi, ils ont fait les mêmes études, ont travaillé à côté de moi et ont même possédé un capital identique au mien… Du moins en théorie, du moins c’est ce qu’on m’a dit, du moins c’est ce que nous nous disons. Mais eux n’ont pas d’outils à leur disposition. Eux, ne travaillent pas, ou si peu !

 

 Pourtant ce grand groupe est d’abord constitué de plusieurs groupes – jeunes, immigrés, etc. – et tous ces groupes étaient il y a peu perçus comme des victimes. Et comme par magie – ou peut-être par propagande – les voilà coupables. Coupables d’être marginaux et coupable faire de mon malheur. Les immigrés et leurs enfants ne sont plus les victimes d’une colonisation violente mais les responsables de la dégradation de la vie nationale. Les chômeurs ne sont pas les victimes d’une politique économique au mieux inefficace mais les responsables de la dégradation du système économique. A contrario, les hommes politiques, les détenteurs de capital, les décideurs de tous poils ne sont pas responsables des dégâts provoqués par leur gestion du pouvoir – sous-entendu du pouvoir qu’ils disposent sur les autres – mais victimes de la conjoncture. L’histoire que nous nous racontons ne dit pas qui est responsable de la conjoncture, à moins que ce ne soient ces individus peu courageux, ingrats, à qui nous donnons déjà ce que nous pouvons donner et qui en échange de son intégration dans le système, dans la communauté, ne sont bons qu’à le critiquer, voire à le gripper. Des gens qui non pas la culture du travail et qui ne méritent donc pas de consommer.

 

 Je me demande toujours à quels groupes pense appartenir l’individu qui me parle de ses problèmes. Quand je nomme un responsable, je me demande ensuite quels groupes en moi ont parlés.

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23 mars 2009

La lutte des classes n'est pas de gauche.

Voilà un bon résumé de pourquoi le bouclier fiscal n'est pas une mesure basé sur la rationalité économique mais sur la préférence socio-économique: http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1094

Nous voyons bien avec une telle mesure que ce ne sont pas (toujours) les communistes les plus offensifs sur le plan de la lutte des classes, la classe dominante n'est pas mal non plus. Je parie même quand y regardant de plus près la volonté de ceux-ci est plus grandes que la volonté de ceux-là; après tout, de quel côté meurt-on le plus, même (surtout) en temps de paix?

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