J'avoue, et cela ne vous étonnera pas, que j'aimerai pouvoir vivre de ma plume - de mon clavier diront les auteurs astucieux de l'ère numérique. Encore un qui veut gagner son pain et son toit avec plaisir me direz-vous. Et pourtant je vous répondrai sans mentir que vous vous tromper. Je n'ai pas le plaisir d'écrire. Pourquoi le faire dans ce cas? La réponse vous la sentez, vous en avez l'intuition... Trois petits points pour vous faire réfléchir. Allez, un petit effort avant de lire la solution...
Parce que j'ai une haute estime de moi-même et de ce que je pense, parce que je crois que ma pensée doit être offerte au monde? Vous n'auriez pas tout à fait tord mais pas tout à fait raison. Je ne crois pas être un révolutionnaire de la pensée ni un encyclopédiste ou un historien, je ne crois pas que le monde a besoin de mes éclaircissements bien que ça ne lui fasse pas de mal mon plus.
Alors pourquoi? Si je ne le fait pas par plaisir je le fait donc par nécessité, un peu comme la nymphomane avec la sexualité. Écrire me fait souffrir. Ne riez pas, ne souriez pas, je vous en prie. J'éprouve le besoin de coucher sur papier, de formuler ce qui me passe par la tête, que ce soit l'oeuvre de l'imagination, de l'analyse ou de l'intuition - peut-on réellement séparer les unes des autres? Si je ne le fais pas, les phrases m'obsèdent, les idées tournent et se retournent sans laisser la place à d'autres jusqu'à ce qu'elles soient évacuées.
Ceci dit, cela n'explique pas la souffrance éprouvée dans l'écriture. Celle-ci est dû, c'est du moins ce que je crois à l'heure actuelle, à la difficulté de faire une phrase, un paragraphe, un chapitre, un dialogue, une nouvelle. Je respecte trop l'écriture et le lecteur pour écrire comme on parle: instantanément (sauf peut-être à ce moment précis où j'écris sans brouillon, sans chercher le mot juste). Cette souffrance vient de mon incapacité à formuler une idée, une intuition, une histoire sans problème. Je souffre de devoir trouver le mot, la phrase, etc. , qui sera assez précis pour dire à la fois le tout et la partie, qui présentera ce que j'ai dans la tête tout en laissant de la place à celle du lecteur, des lecteurs. Je rêve de connaître ce mot que susurra le poète de Borges à l'oreille de son roi, ce roi qui lui demandais, si je me souviens bien, un texte toujours plus court où le superflu n'a pas sa place, où le poète n'impose pas sa vision du monde mais le présente tel qu'il est c'est à dire, je crois, unique pour chacun d'entre nous.
Pourquoi vous dire ça? Je vous l'ai dit parce que j'en ai besoin pour passer à autre chose mais pas seulement. J'aimerai que vous me disiez grâce à l'option "commentaire" pourquoi vous écrivez. Merci d'avance.