Le texte qui suit est une réécriture d'un post du 20 novembre 2008 (Histoire_d'un_changement Original). Il a été repris par hasard, alors que je cherchais un texte sur la fin du monde pour le fanzine La Cagouille

 

Le monde connu s'écroulait.

 

Tous en étaient persuadés.

Bientôt le Chaos! Bientôt la Renaissance!

L'Histoire avançait sans se soucier des hommes.

 

Peu osaient penser à l'avenir.

Nous le ressentions plutôt...

Nous l'espérions parfois.

 

L'heure était à la survie.

Chacun pour sa peau.

A chacun sa croix.

Voilà pour la pratique!

 

L'heure était à la solidarité internationale.

Tous ensemble.

Sauvons notre civilisation.

Voilà pour le discours!

 

Selon que vous étiez puissants ou misérables, la solidarité ne s'entendait pas de la même manière:

Pour les premiers le Salut viendrait du Conseil des Chefs conseillés par les Sages.

La solidarité viendrait du peuple, que dis-je, de l'humanité qui se regrouperait derrière ses leaders.

 

Pour les seconds, les chefs et leurs conseillers devaient tomber avec le monde connu.

La solidarité prendrait alors la forme d'un partage des ressources encore disponibles, le temps de reconstruire.

 

 

Un rationaliste devinerait:

Les leaders tombèrent

Car

Les misérables étaient plus nombreux.

 

L'un ne croyait pas en ses semblables.

L'autre croyait malgré tout aux idées des leaders historiques.

La plupart ne croyait plus en rien.

Le fait est qu'on se serra les coudes, ou, pour être exact, qu'on se sacrifia plus ou moins volontairement pour l'honneur de la patrie et des leaders.

Les recettes du monde connu s'utilisèrent encore un certain temps pour éviter sa chute.

Naturellement.

Elles s'essoufflèrent en même temps que lui.

 

Le monde connu s'écroula...

 

Non!

Comment ça non?

 

Ça ne s'est pas passé comme ça, du moins, ça n'a pas terminé comme ça. Les leaders réussirent à maintenir le monde connu qui ne s'écroula qu'en apparence. On ne se sacrifia pas, on laissa faire tant occupé à récupérer les miettes, à protéger son petit pécule, son bout de monde. L'homme lancé en mode survie ne se préoccupa pas de cultiver les semences oubliés par le monde connu, par le monde d'avant. N'ayant pas été pressés, les leaders se comportèrent comme les autres et sauvèrent leurs tête avant de sauver les nations qu'ils chérissaient tant. Ils sauvèrent leur(s) économie(s) et leur(s) société(s)... en somme, ils sauvèrent le monde connu en sacrifiant les moins dotés comme ils l'avaient toujours fait.

Que se serait-il passé si, profitant du désarroi, ou du moins de l'incertitude, des plus puissants, les plus misérables - dont le nombre croissait au rythme des déclassements et des désillusions - s'étaient mis à juger leurs Idées et à les affronter en chantant l'hymne à la joie?

 

Et si le monde s'était écroulé..?

Effrayant,non?