Catastrophe, cataclysme, la France facho !!!                                                                                                                     

Et pourtant, en 2012, Marine Lepen mobilisait un peu moins de 6.5 millions d'électeurs et aujourd'hui, elle n'a réussi à ne mobiliser "que" 4,7 millions d'électeurs soit une perte de plus de 25% par rapport à l'élection présidentielle (il est vrai que c'est pire pour les autres, hormis Europe-Ecologie-Les Verts qui double son nombre d'électeurs, quand on sait que le nombre de bulletins exprimés a chuté de 47.2 % alors même que le nombre d'inscrits a augmenté de 1.1%; j'y reviendrais dans quelques heures).

Par ailleurs, si le FN mobilise plus que les autres, il ne séduit, dans le cadre des européennes, que 10% du corps électoral, contre 14% à la présidentielle de 2012 (mais 7.7%, 3.5 millions d'électeurs, aux législatives de la même année). En outre Lepen père récoltait déjà 11.5% (5.5 millions d'électeurs) en 1995, 9.6% (3.8 millions) au premier tour des législatives de 1997, après la dissolution de l'assemblée par Chirac, 13.4% (5.5 millions d'électeurs) au 2nd tour des élections de 2002 (mais 7%, 2.8 millions, aux législatives),  et encore 8.6%, 3.8 millions, pour la présidentielle de 2007 (mais 2.5%, 1.1 millions, aux législatives). Ce n'est qu'aux européennes de 2009 qu'il chutera à "seulement" 2.5% (1 millions d'électeurs) dans une élections où le FN a la capacité organisationnelle pour se présenter devant la totalité du corps électoral.

Je veux bien alors que l'on dise que l'extrème droite n'a pas disparu ces vingt dernières années, et même, qu'elle est bien ancrée dans le paysage institutionnel de la Vème république, mais de là à dire que 1/ c'est un fait nouveau et que 2/ les français sont des fachos, il y a un pas que nos élites d'opinions seraient bien avisés de ne pas franchir, dans le sens où nous pourrions laisser croire que la France appelle de ses voeux une politique d'extrème droite, quand la débacle de l'UMP par exemple, la perte de 5.8 millions d'électeurs (une chute de 59.6 %), malgré ses appels répétés aux idées du FN, devrait nous faire réfléchir trente seconde sur la réalité des désirs politiques français.

Nous ne le répéterons jamais assez, plus de 80% des français ne se reconnaissent pas dans le vote FN, ni même pour lancer un cri de colère ou de dégoût à la face de nos gouvernants.

 

N.B.: pour aller dans le sens de ce post écrit au lendemain des élections européennes, un sondage pour Reuters vient de paraître : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN0EB07N20140531